Un hôpital sur trois fait désormais place à l’acupression, même si la science ne tranche pas franchement sur la rapidité de son effet contre le stress. La méthode divise encore les experts, mais sur le terrain, certains soignants l’intègrent déjà, main dans la main avec les traitements classiques. Les consignes varient : trente secondes, deux minutes, ou davantage. Le fait est que tout dépend de la personne, du point activé, et surtout, de la fréquence avec laquelle on renouvelle le geste.
Ce que l’acupression apporte face au stress : origines, fonctionnement et bénéfices
L’acupression s’ancre dans la médecine traditionnelle chinoise. Sa cousine, l’acupuncture, travaille avec des aiguilles ; elle, c’est la pression des doigts qui fait loi. Le principe reste simple : stimuler par une pression des points spécifiques, placés sur des méridiens invisibles qui relient les différents organes et fonctions du corps.
Cette approche considère que ces points influencent la circulation du Qi, cette énergie vitale à trouver l’équilibre entre yin et yang. Côté scientifique, on observe qu’une pression ciblée active le système nerveux et encourage la production d’endorphines et de sérotonine, bien connues pour leur rôle apaisant sur le stress ou l’anxiété.
La diversité des points d’acupression permet de viser plusieurs effets : réduire le stress, calmer l’anxiété, soulager des douleurs persistantes ou améliorer la qualité du sommeil. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît l’intérêt de l’acupuncture pour de nombreux troubles ; l’acupression, qui s’en inspire, s’appuie sur cette légitimité même si la littérature scientifique reste plus discrète à son sujet.
Accessible à tous, sans équipement sophistiqué ni complications majeures pour peu que l’on respecte les précautions de base, cette méthode naturelle attire aussi bien les salariés sous tension que ceux qui luttent contre les troubles du sommeil ou une dépression modérée. Chacun peut y puiser un soutien, ponctuel ou régulier.
Repères : les points de pression les plus sollicités pour apaiser stress et tensions
Certains points d’acupression sont devenus des classiques pour réduire le stress et l’anxiété. Voici les zones les plus souvent recommandées, chacune ayant sa fonction :
- Péricarde 6 (P6) : situé à trois doigts sous le poignet, sur l’intérieur de l’avant-bras. On le sollicite pour apaiser les palpitations, diminuer l’anxiété et limiter les nausées. Une pression circulaire, une à deux minutes sur chaque bras, suffit à le stimuler.
- Cœur 7 (H7) : sur le pli du poignet, côté petit doigt. Ce point aide à calmer l’esprit, favoriser l’endormissement et apaiser les palpitations dues au stress.
- Vaisseau Gouverneur 24.5 (GV24.5) : entre les sourcils, parfois appelé « troisième œil ». Il est privilégié pour relâcher les tensions mentales, apaiser l’anxiété ou atténuer un mal de tête.
- Gros Intestin 4 (LI4) : entre le pouce et l’index. Ce point détend l’ensemble du corps et agit sur les troubles émotionnels, mais il convient de ne pas l’utiliser pendant la grossesse.
- Vaisseau de conception 17 (CV17) : au centre du sternum, à hauteur des mamelons. Il aide à libérer les tensions dans la poitrine et facilite une respiration ample.
À ces points majeurs, s’ajoutent d’autres emplacements comme la nuque, le sternum ou la zone sous la clavicule. Chacun cible une facette particulière : difficultés à trouver le sommeil, sensation de tristesse, résistance à la pression. Ce sont autant de leviers pour rétablir le calme du corps et de l’esprit.
Acupression à la maison : mode d’emploi et précautions utiles
Pas besoin d’outils ou de gadgets pour profiter de l’acupression. Un coin tranquille, le dos bien droit, les épaules détendues, et une respiration profonde : c’est tout ce qu’il faut pour commencer. Appliquez une pression progressive sur le point choisi, pendant une à deux minutes, en effectuant des mouvements circulaires ou en maintenant simplement le contact, selon votre préférence.
Pour renforcer l’effet relaxant, l’acupression peut se combiner à d’autres méthodes comme un massage doux ou la réflexologie plantaire. Certains professionnels, notamment dans le sud de la France, associent l’ostéoénergétique chinoise à la méthode POYET pour accentuer l’impact sur le système nerveux et encourager le relâchement via la production d’endorphines.
Adaptez votre position selon la zone à travailler : assis pour le poignet, allongé pour le sternum ou la nuque. Quelques précautions s’imposent : il vaut mieux éviter de stimuler ces points en cas de grossesse, de troubles de la coagulation ou de lésions cutanées locales. Utilisée avec régularité et douceur, l’acupression aide à mieux traverser les périodes tendues.
Si aucune restriction médicale ne s’applique, cette pratique trouve facilement sa place dans la routine quotidienne. Elle propose une alternative naturelle et adaptable pour atténuer le stress, en s’appuyant sur la dynamique du Qi entre yin et yang.
Parfois, quelques minutes suffisent à alléger le poids d’une journée. Chacun trace sa route, expérimente, ajuste : l’acupression n’impose pas sa cadence, elle accompagne le rythme de chacun. Peut-être, ce soir, trouverez-vous dans cette pratique la respiration qui manquait encore à votre équilibre.


